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La pratique de l’autocompassion

Face aux séquelles psychologiques du harcèlement au travail, l’autocritique peut devenir un réflexe destructeur. L’autocompassion offre une alternative concrète pour briser ce cycle.

De l’autocritique à l’autocompassion

De prime abord, les conséquences d’une situation de harcèlement sont nombreuses. Ils regroupent des aspects tels que l’anxiété, la dépression, le stress aigu, des symptômes somatiques et physiques, puis surtout de l’autocritique. Cette dernière se définit par un trait chez une personne qui s’évalue très sévèrement, voire qui a de la difficulté à repérer ses réussites, et qui craint de commettre des erreurs ou d’être jugée par l’autre. L’antipode d’une telle attitude serait l’autocompassion, où l’individu arbore une vision positive envers soi-même, quels que soient les échecs vécus. Ce concept se divise en trois composantes, soit la gentillesse envers soi, un sentiment d’humanité commune et une pleine conscience.

Les trois composantes de l’autocompassion

La gentillesse envers soi désigne la reconnaissance de ses limites au travers d’une compréhension de soi. Elle signifie aussi une solidarité personnelle par le respect de ses besoins et une patience dans l’acceptation de son propre rythme. Enfin, la première modalité comprend une acceptation inconditionnelle, dans la non-critique de nos défauts ou de nos erreurs. Arborer cette gentillesse personnelle permet une compréhension d’autrui au travers de ses expériences difficiles (humanité commune) et favorise aussi un lâcher-prise des idées ruminatrices (pleine conscience).

Puis, le sentiment d’humanité commune décrit une certaine compréhension de l’imperfection, où chacun a ses faiblesses et ses échecs. Ceci permet d’inclure un sentiment de connexion à une situation douloureuse. Par exemple, la phrase « mes échecs font partie de la réalité humaine »dépeint à merveille une interprétation d’humanité commune. Cette dernière favorise la compréhension de la réalité où tout le monde commet des erreurs, ce qui réduit l’autocritique et fait émerger la gentillesse envers soi. Elle permet aussi de créer une distance émotionnelle face à l’expérience vécue, en étant en pleine conscience.

Finalement, la pleine conscience désigne de regarder les expériences difficiles consciemment, en sachant qu’on souffre, sans toutefois se laisser submerger par les émotions négatives. Le développement de cet aspect permettrait d’observer l’expérience vécue sous un autre angle, de diminuer l’autocritique et de créer une distance avec l’événement en retournant dans le moment présent.

Développer l’autocompassion grâce à l’écriture

Une façon de développer l’autocompassion est de débuter l’écriture auto-compatissante. Cette pratique aide à reconnaître la difficulté de l’événement, à comprendre comment l’expérience vécue s’inscrit dans une réalité partagée (humanité commune) et à envisager comment d’autres auraient réagi dans une situation semblable.

En somme, l’autocompassion renforce la résilience face aux épreuves. Des études indiquent que, durant la pandémie, les personnes qui la cultivaient ressentaient moins de solitude, d’anxiété et de dépression. Elle contribue aussi à diminuer le stress post-traumatique et soutient l’apprentissage après l’événement. Globalement, elle favorise des habitudes de vie saines et une meilleure santé générale.peut devenir

Écrit par Victoria Banville, stagiaire en travail social

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